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samedi 31 mars 2012

Marcel Aymé

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Biographie de Marcel Aymé

Marcel Aymé est né le 29 mars 1902 à Joigny.
Son père est maréchal-ferrant, et il est élevé par ses grands-parents dans le Jura. Il s'inspire d'ailleurs de cette région et du mode de vie rural dans nombre de ses romans, de la Jument verte à La table aux crevés. Cet environnement est particulièrement propice à de nombreuses querelles politiques, anticléricales, dont il va reprendre les thématiques dans son œuvre.
En 1910, ses grands-parents étant décédés, Aymé est confié à une tante qui le place au collège de Dole. Elève très moyen, il prépare quand même Polytechnique. Mais la grippe espagnole de 1919 met fin à ses études et l'affaiblit durablement.
De 1919 à 1923, Aymé fait son service militaire. Puis il se rend à Paris où il exerce divers métiers, sans trouver de vocation particulière. Mais il publie un roman remarqué en 1926 : Brûlebois, suivi d'autres ouvrages en 1927, 1929 et 1930. Ainsi, La Table aux crevés lui vaut le prix Renaudot en 1929.
En 1933, Marcel Aymé connaît la consécration avec la Jument verte. Dès lors, la littérature devient son métier, et il s'intéresse aussi au cinéma et au théâtre.
En 1943 paraît Le Passe-muraille.
Son parcours est atypique et en déconcerte plus d'un. Pendant l'Occupation notamment, il se joint à un réalisateur marxiste, tout en écrivant des textes pour les journaux collaborationnistes (sans aucun engagement politique cependant, ce qui explique qu'il ne sera pas mis sur la liste noire des écrivains après la guerre). Il critique violemment et avec dérision le régime nazi dans Le Passe Muraille et Travelinque. Mais suite à une polémique liée à ses fréquentations (Céline, Brasillach), il refuse la Légion d'honneur en 1949.
Blessé par les attaques qui le visent, Marcel Aymé continue quand même à beaucoup écrire et publier : des contes, des romans, mais aussi des nouvelles et des pièces de théâtre.
Or le public le soutient, et il obtient un grand succès populaire malgré les critiques acerbes. Cette situation perdurera jusqu'à sa mort.
Plusieurs reproches lui sont faits : l'anti-américanisme de certaines de ses œuvres, et sa position d'auteur à contre-courant.
La Tête des autres (1952) est un plaidoyer contre la peine de mort, au cours duquel Marcel Aymé ridiculise les procureurs de la République. L'œuvre fait scandale.
En 1950, Aymé refuse de rejoindre l'Académie française.
Aymé continuera à beaucoup écrire, qu'il s'agisse de scénarios ou de traductions d'auteurs américains (Williams, Miller...).
Mais surtout, il va cultiver jusqu'à la fin de sa vie sa position d'écrivain politiquement incorrect. Son refus de rentrer dans les milieux intellectuels va entretenir la difficulté à le classer. Certains le verront homme de gauche, d'autres de droite, ou encore anarchiste de droite...
Marcel Aymé meurt à Paris le 14 octobre 1967.
Œuvre de Marcel Aymé
Aymé laisse une œuvre immense, composée de romans, d'articles, de nouvelles, de contes, de scénarios et de pièces de théâtre, parmi lesquels :
La Table aux crevés (1929)
Brûlebois (1930)
La Jument verte (1933)
Travelingue (1941)
Le Passe-muraille (1943)
Les Contes du chat perché
Silhouette du Scandale, essai de 1938
Le Confort intellectuel, essai de 1949
Vogue la galère, 1951
La Mouche bleue, 1957
Les dialogues du film Crime et Châtiment de Pierre Chenal, 1935
Les dialogues du film " La Bourse et la Vie " de Jean-Pierre Mocky, 1965

Son langage est tout à fait particulier, car il privilégie les différents registres de paroles : argot ou langage des beaux quartiers ; ainsi que divers milieux : les ouvriers, les militants politiques...
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lundi 26 mars 2012

Marguerite Audoux

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biographie de Marguerite Audoux


Elle reçoit le Prix Vie Heureuse (Femina) en 1910 avec le roman autobiographique Marie-Claire (éd. Fasquelle), best seller traduit dans neuf langues. Auteure de quatre romans en tout et chroniqueuse littéraire, elle est aujourd’hui mieux référencée dans les universités étrangères que dans les universités françaises, comme d’ailleurs la plupart de ses camarades d’écriture (excepté Léon-Paul Fargue qui reste connu en France).
D’origine sociale pauvre avec un père désespéré après la mort de sa mère, elle est née à Sancoins (Cher), puis comme sa soeur elle est abandonnée par leur père devenu alcoolique. Orpheline placée dans un établissement tenu par des éclésiastiques elle recevra malgré tout l’affection d’une des éducatrice qui lui redonne confiance ; puis elle est placée dans une ferme. Immigrante du Berry à Paris, ne répugnant pas aux tâches dures pour gagner son pain, par exemple dans la buanderie de l’hôpital Laënnec, elle finit par obtenir une qualification de couturière et par installer un atelier de couture, c’est alors à la rencontre de sa clientèle qu’elle change de nom, certains de ses patrons seront publiés dans des revues de mode, elle commence à écrire pour commenter ses travaux, et quelques petits poèmes. Elle rencontre le milieu littéraire au carrefour de la mode et de la violence de sa vie : en 1900, un amoureux de sa jeune nièce dont elle a la garde découvre que celle-ci se prostitue en cachette et vient en informer sa tante... C’est Jules Yell, qui deviendra l’écrivain Michel Yell (son ouvrage le plus connu est Cauët, éd. Gallimard, 1934, il mourra en 1951), l’ami d’André Gide ; il deviendra le compagnon de Marguerite jusqu’en 1912. Ses camarades d’écriture ne seront pas des moindres. Membre du Groupe de Carnetin dont Jules Yell lui fait connaître les créateurs avec lesquels ils composeront ce mouvement, soutenue par l’éminent Octave Mirbeau qui lui trouve son premier éditeur, André Gide qui la publiera dans La nouvelle revue française, et d’autres radicaux ou "immoraux" représentatifs de la gauche anti-conformiste de son temps, actifs dans le domaine des Lettres. En quelque sorte, sa résistance sociale et son émergence, son destin littéraire et son éthique singulière, solidaire, sont exemplaires... En 1937, peu après sa mort la même année, Grasset, aujourd’hui détenteur du fonds Fasquelle, publie Douce lumière, sur la disparition d’une mère, et aujourd’hui suit ses principaux romans notamment dans la collection Les cahiers rouges...


En mai 2007, après un vote des habitants du 3e arrondissement de Paris (trois autres noms étaient proposés, Hannah Arendt, Robert Desnos et André Schwarz-Bart), le nom de Marguerite Audoux a été choisi pour la nouvelle bibliothèque du quartier, qui a ouvert au 10 rue Portefoin le 17 janvier 2008 (source fr.wikipedia, voir le lien attaché). Il existe aussi un prix littéraire qui porte son nom, depuis 1997.

vendredi 23 mars 2012

Antonin Artaud

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bieographie de Antonin Artaud
Antonin Artaud, né le 4 Septembre 1896, a une enfance banale. Issu d’une famille aisée, il vit protégé, choyé et aimé par les siens. Son père, un capitaine au long cours était français. Sa mère était originaire d’Izmir (Turquie).
Artaud reçoit une éducation religieuse chez les pères maristes. Il est passionné par le grec, le latin et l’histoire ancienne. Enfant, il est atteint d'une maladie, la méningite, qui constitue un sérieux handicap. Tout au long de sa vie, il doit cohabiter avec ses crises.
En 1920, Antonin Artaud, se portant mieux, s’installe à Paris. Il veut devenir à la fois poète, comédien et dessinateur. De ce fait, il envoie son premier recueil de poésie TricTrac du Ciel (publié en 1923) à Jacques Rivière, directeur de la Nouvelle Revue Française (NRF). Ce dernier refuse le manuscrit. De ce refus, résulte une correspondance mémorable entre les deux hommes. Rivière publie les lettres dans la NRF puis suivent L’Ombilic desLimbes (Paris, 1925), Le Pèse-Nerfs (Paris, 1925), Fragments d’un Journal d’Enfer (Marseille, 1927).
Les débuts de la période parisienne marquent également pour Antonin Artaud sa rencontre avec le mouvement des surréalistes, dont il devient même le directeur à la Centrale du bureau des recherches. Cette période est très prolifique. Il écrit des scénarii de films ainsi que des poèmes en prose. Plusieurs de ses textes sont publiés dans La révolution surréaliste, l’organe du groupe surréaliste. Le 10 décembre 1926, une adhésion au parti communiste est envisagée. Antonin Artaud claque la porte, tournant le dos à la révolution politique.
Ses débuts sont discrets dans le monde du théâtre. Avant de fonder définitivement sa compagnie, il fait quelques escales dans des théâtres réputés où il cotoie des auteurs et des directeurs de théâtre. En effet, il collabore avec quelques grands noms de la scène parisienne dont Lugné-Poe, le directeur du Théâtre de l'Œuvre (1920), puis Charles Dullin le Théâtre de l'Atelier ou Georges et Ludmilla Pitoëff à la Comédie des Champs-Élysées . Ces expériences lui sont bénéfiques.
En 1923, il s’associe à Roger Vitrac et Robert Aron pour fonder le Théâtre Alfred Jarry, où se jouent entre autres Les Mystères de l'amour de Vitrac, Ventre brûlé ou la Mère folle d'Artaud et en guise de dernière représentation Victor ou les enfants au pouvoir (1928). Cette expérience inachevée est une déception pour Antonin Artaud. Finalement, il se réconcilie avec les surréalistes.
Dès les années 1920, Antonin Artaud annonce les prémices de ce qui devient par la suite le concept du Théâtre de la cruauté. Affichant sa volonté de révolutionner la littérature, il balaye toute idée d’une éventuelle soumission au texte ou à l’auteur dans la mise en scène. Sa pensée prend concrètement forme, en 1932, dans les deux manifestes du Théâtre de la Cruauté. Plus tard, en 1938, sont publiées des conférences rassemblées dans un ouvrage Le Théâtre et son double .
La mise en application de sa théorie est un échec. La pièce Les Cenci n'est jouée qu’une dizaine de fois.
Antonin Artaud considére le cinéma comme un lot de consolation suite à ses diverses expériences infructueuses et décevantes au théâtre. C'est son cousin Louis Nalpas, directeur artistique de la Société des Cinéromans, qui l’introduit dans le milieu. Grâce à lui, il joue ainsi dans Surcouf, le roi des corsaires de Luitz-Morat (1925) et dans un court-métrage Fait divers (1925), de Claude Autant-Lara.
Il est, surtout, la connaissance d'Abel Gance. L’entente entre les deux hommes est excellente. Le réalisateur lui promet même le rôle de Marat dans Napoléon (1927). La même année, il interpréte le personnage du moine dans La passion de Jeanne d'Arc de Dreyer et participe au très controversé film-documentaire de Léon PoirierVerdun, visions d'Histoire.
Parallèlement, Antonin Artaud écrit des scénarii. Un seul est adapté à l’écran par Germaine Dulac La Coquille et le clergyman. La réalisation déçoit énormément l’auteur. Cependant, il tourne encore quelques films jusqu’en 1935.
Avec le temps, la maladie a raison de lui, condamnant son esprit et ravageant son corps. L’existence d’Antonin Artaud est ponctuée par des séjours en hôpitaux psychiatriques. En 1936, il rentre transformé de son voyage au Mexique. Il était parti à la découverte de la tribu des Tarahumaras, il en revient fou. Il est interné plus de neuf ans dans différents établissements.
Il en sort, en 1946 et s’installe à Paris dans une clinique spécialisée. En 1947, il se distingue par une représentation au Théâtre du Vieux-Colombier. Antonin Artaud, ombre de lui-même, est magistral et malgré les dégâts physiques, envoute le public. La même année, il enregistre pour la radio avec la participation de Maria Casarès, Paule Thévenin et Roger Blin,Pour en finir avec le Jugement de dieu. Le programme est censuré pour propos outrageux. Il sera publié après sa mort en avril 1948.
Le 4 mars 1948, Antonin Artaud décède. Peu avant sa mort, il rédige en un mois son livre testament Van Gogh le suicidé de la société(1947) dans lequel, à l’instar du peintre, il revendique son statut d’aliéné et rejette toute forme de conformisme.
A la littérature française, Antonin Artaud laisse un patrimoine non négligeable. Aujourd’hui, ses théories longtemps décriées concernant le théâtre sont considérées comme les bases du théâtre européen contemporain. Sa poésie est encensée chaque année. Un prix porte même son nom : le prix Antonin Artaud, remis à l’occasion des Journées de la Poésie de Rodez, ville de son dernier internement.

jeudi 22 mars 2012

Louis Aragon

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biographie Louis Aragon
Louis Aragon est né le 3 octobre 1897 à Neuilly-sur-Seine.
Il est le fils de Louis Andrieux et de Marguerite Toucas. Son père est préfet de police et ancien sénateur. Mais il ne reconnaîtra jamais son fils naturel, ce qui va blesser Aragon durant toute sa vie.
En 1924, après avoir participé au mouvement dada, Aragon est l'un des créateurs du surréalisme, aux côtés de Breton, Eluard et Philippe Soupault. Comme la plupart des membres, il adhère au Parti communiste français. Après la mort de Staline et la révélation des nombreux crimes commis en URSS, Louis Aragon devient beaucoup plus critique, sans pour autant se détacher du PC, ce qui le distingue de la plupart de ses compagnons.
En 1928, il rencontre Elsa Triolet dans le café La Coupole. Elle devient sa Muse.
De retour d'un séjour en URSS en 1931, Aragon publie "Front rouge", poème militant et provocateur dont il dira par la suite, dans les années 1970 : "Ce poème que je déteste".
En 1933, il travaille pour l'Humanité. Par la suite, Aragon officiera pour Commune, de 1933 à 1939, Ce Soir (1937-1953) et les Lettres françaises de 1953 à 1972.
Le tournant politique de 1934, qui est entouré d'une aura d'optimisme, est une période à laquelle il réussit à accéder à des responsabilités où il s'épanouit. Mais cela le conduit à s'aveugler et à s'opposer à d'anciens amis (dont Breton). Il va même jusqu'à vanter les mérites du goulag, le système concentrationnaire soviétique.
Il devient aussi président directeur général des Editeurs Français Réunis.
En 1939, Aragon épouse Elsa Triolet. Elle aussi est écrivain, et elle va énormément inspirer l'écriture poétique d'Aragon. Les Yeux d'Elsa paraissent en 1942.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, Aragon et d'autres poètes (Eluard, Prévost, Rosnay et Desnos notamment) s'engagent dans la résistance contre les nazis.
C'est aussi l'occasion d'une rupture très douloureuse pour le poète : celle de son ami Pierre Drieu La Rochelle qui a choisi de se tourner vers les nazis. Il se tuera après la Libération.
L'après-guerre le consacre intellectuel communiste. En 1950, il est élu au Comité central du Parti communiste français. Il prend part aux divers débats idéologiques qui agitent le PC suite à la mort de Staline, puis suite au Xxe congrès du PC russe en 1956.
Ses positions évoluent peu à peu, car Elsa Triolet lui ouvre les yeux sur la répression stalinienne; mais Aragon met beaucoup de temps à réagir, malgré les informations qui parviennent en Europe.
En 1970, Elsa Triolet décède et Aragon dévoile son homosexualité, que Drieu La Rochelle avait évoquée dès les années 1930 (cf. Gilles). Roger Nimier dira à son propos qu'il est « le seul homme capable d'assister à une réunion du Comité Central du PCF en smoking rose ».
Louis Aragon décède le 24 décembre 1982. Il est inhumé aux côtés d'Elsa Triolet, dans sa propriété de Saint-Arnoult-en-Yvelines.
Quelques oeuvres d'Aragon
L'oeuvre de Louis Aragon est très variée et plurielle. Après une première période plutôt surréaliste, il s'oriente vers des formes poétiques plus classiques, en s'inspirant notamment des oeuvres de Guillaume Apollinaire.
Suite à la guerre, on assiste à une nouvelle évolution: Aragon fait de plus en plus passer le côté lyrique de son oeuvre devant le côté politique qui prédominait pendant la Seconde guerre mondiale. Voici quelques oeuvres de l'écrivain:
Les Aventures de Télémaque, 1922
Aurélien, 1944 ("Le Monde réel")
Blanche ou l'oubli, 1967
Le Mouvement perpétuel, 1926
Cantique à Elsa, 1942
Les Yeux d'Elsa, 1942
Le Musée Grévin, 1943
L'Honneur des poètes, 1943
Le Nouveau Crève-Cœur, 1948
Le Roman inachevé, 1956
Le Fou d'Elsa, 1963

Beaucoup de ses textes ont été mis en chanson.
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mercredi 21 mars 2012

Guillaume Apollinaire

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Biographie de Guillaume Apollinaire

Ecrivain polonais naturalisé français, Guillaume Apollinaire, de son vrai nom Wilhelm Albert Włodzimierz Apolinary de Wąż-Kostrowicki, est l'un des écrivains français majeurs du début du XXe siècle. Auteur de romans érotiques, de nouvelles et de poésies, Apollinaire est aussi l'inventeur du calligramme.
On le considère souvent comme le précurseur surréalisme, dont il a d'ailleurs créé le nom.
ELEMENTS BIOGRAPHIQUES
Né le 26 août 1880 à Rome, Apollinaire est issu d'une famille liée par sa mère à la noblesse polonaise. Son père est un officier italien.
Installé à Monaco dès 1897, Apollinaire est inscrit aux lycées de Cannes et de Nice. La même année, il compose déjà ses premiers poèmes. Deux ans plus tard, en 1899, il propose ses premiers écrits à quelques revues, qui refusent de publier ses poèmes.
1901 est une année tournant pour le jeune homme, qui part en Allemagne pour y être précepteur au sein d'une famille. Là, il découvre notamment les paysages et les légendes de la Rhénanie, tout en tombant amoureux d'Annie Playden, une gouvernante anglaise. Elle partira plus tard pour l'Amérique, et leur rupture sera très douloureuse pour Apollinaire : il s'agit de la « période rhénane », qui sera pour lui une grande source d'inspiration.
En 1902, Apollinaire revient en France et publie l'Hérésiaque. Pour la première fois, il signe du nom que l'on lui donne aujourd'hui : « Guillaume Apollinaire ».
De 1905 à 1907, il exerce différents emplois dans la bourse, tout en publiant plusieurs écrits. 1907 est l'année de sa rencontre avec la peintre Marie Laurencin, autre muse pour son œuvre. A la même époque, Apollinaire fréquente Picasso, le Douanier Rousseau ... et devient journaliste, poète, critique d'art et conférencier. Toutefois, il fait un court séjour en prison en 1911 pour une affaire de complicité de vol.
En 1913, Apollinaire publie Alcools, recueil majeur qui réunit son œuvre poétique depuis 1898.
En 1914, Apollinaire parvient à s'enrôler comme artilleur dans l'armée française.
L'année suivante, il rencontre Madeleine Pagès dans un train et se fiance un peu plus tard avec elle. A cette époque paraît le Poète assassiné.

1916 est une année éprouvante pour Apollinaire, car blessé par un éclat d'obus au niveau de la tête, il rompt ses fiançailles. Affaibli par sa blessure, il doit être trépané puis suivre une longue convalescence. L'année 1917 voit la publication de Les Mamelles de Tirésias et l'achèvement de La Femme assise, et Calligrammes paraît l'année suivante.
Il épouse Jacqueline Kolb le 2 mai 1917 ; toutefois, Apollinaire succombe le 9 novembre 1918 de la grippe espagnole. Il est enterré au cimetière du Père-Lachaise à Paris.
APPORT DE L'ŒUVRE D'APOLLINAIRE
Apollinaire est l'inventeur du calligramme, ces poèmes écrits sous forme de dessins et non en vers et en strophes.
De même, il est à l'origine du terme « surréalisme », et fait figure de précurseur de ce mouvement, tant au niveau de son écriture que de sa conception de l'art et de l'existence. Apollinaire a en effet basé l'acte de création sur un principe simple : l'imagination doit gouverner l'écriture, et non une quelconque théorie. Il faut donc s'inspirer de la vie et de la nature.

Sans pour autant rejeter la tradition, Apollinaire a marqué un tournant moderne, à travers ses principales œuvres, qu'il s'agisse de poésie, de roman, ou de nouvelles :
Notons enfin la diversité de ses travaux, de la littérature au cinéma (La Bréhatine, scénario), en passant par le théâtre (Les Mamelles de Tirésias), plusieurs ouvrages critiques, et une correspondance très importante : Lettres à Lou, Correspondance avec les artistes, Tendre comme le souvenir, Lettres à Madeleine Pagès...
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lundi 19 mars 2012

Alain-Fournier

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biographie de  Alain-Fournier

Henri-Alban Fournier est né le 3 octobre 1886 à la Chapelle-d'Angillon, dans le Cher. Fils d'instituteurs, il passe son enfance dans le sud du Berry. En 1891, son père est nommé à l'école d'Épineuil-le-Fleuriel. Le futur Alain Fournier y sera son élève jusqu'en 1898, avant d'entrer en sixième, comme pensionnaire au lycée Voltaire à Paris.
En 1901 il songe à devenir marin et rentre en seconde au lycée de Brest pour se préparer à l'École Navale. Mais il y renonce et vient passer son baccalauréat au lycée de Bourges en janvier 1903. Dix mois plus tard, Alain Fournier va préparer l'École normale supérieure au lycée Lakanal à Sceaux. C'est là qu'il rencontre Jacques Rivière qui devient son meilleur ami. Ils échangeront jusqu'en 1914 une importante et passionnante correspondance.
Le 1er juin 1905, ce jeune lycéen de 18 ans vient de visiter « le Salon de la Nationale » au Petit Palais. En descendant l'escalier de pierre, son regard croise celui d'une grande jeune fille blonde, élégante. Il la suit à distance jusqu'à sa maison du boulevard Saint Germain. Il revient plusieurs fois sous ses fenêtres. Mais la jeune fille est fiancée, son destin est tracé. Cette rencontre sera transposée dans Le Grand Meaulnes. Pendant huit ans, il s'efforcera de raconter son histoire en l'associant à ses plus chers souvenirs d'enfance. Parallèlement au Grand Meaulnes, il écrira également des nouvelles et des poèmes.
En 1907, au terme d'une ultime année de « Khâgne » au lycée Louis Le Grand, il échoue de nouveau à l'École Normale.
En 1908 et 1909, il fait son service militaire : après le peloton d'élève-officier à Laval, il est nommé sous-lieutenant à Mirande dans le Gers. Il écrit quelques poèmes et essais qui seront repris plus tard sous le titre Miracles.
Le service militaire fini, il se met à l'écriture du Grand Meaulnes et devient rédacteur à Paris-Journal en 1910. En 1912, il quitte la rédaction pour le secrétariat de Claude Casimir-Perier.
Achevé au début de 1913, Le Grand Meaulnes paraît d'abord dans La Nouvelle Revue française (de juillet à octobre 1913), puis en volume chez Émile Paul.
Début 1914, Alain Fournier ébauche une pièce de théâtre, La Maison dans la forêt, et commence un nouveau roman, Colombe Blanchet, qui restera inachevé.
Mobilisé en août 1914, il rejoint le front comme lieutenant d'infanterie. Le 22 septembre 1914, il est tué au sud de Verdun, dans les Hauts de Meuse. Il n'avait pas encore vingt-huit ans. Porté disparu avec vingt de ses compagnons d'armes, son corps a été découvert dans une fosse commune où les Allemands l'avaient enterré. Il a été identifié en novembre 1991 et est maintenant inhumé dans le cimetière militaire de Saint-Rémy la Calonne (Meuse).

dimanche 18 mars 2012

Honoré de Balzac

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biographie de Honoré de Balzac

Honoré de Balzac est né le 20 mai 1799 à Tours. Issu d'une famille bourgeoise, il est mis en nourrice à Saint-Cyr-sur-Loire jusqu'à l'âge de quatre ans. De 1807 à 1813, il est pensionnaire au collège des oratoriens de Vendôme. Dès seize ans il poursuit sa formation à Paris. Honoré est placé sans tarder comme clerc chez l'avoué Guillonnet de Merville et s'inscrit à la faculté, où il suit pendant trois ans des cours de droit civil, de droit romain, de procédure civile et criminelle.
En 1819, il abandonne le droit pour la littérature. C 'est «en faisant ses discours de rhétorique» écrira sa sœur, qu'il «commença à s'éprendre des beautés de la langue française». Il compose Cromwell, tragédie en cinq actes qu'il s'évertue au cours des mois suivants à mettre en vers. Sa pièce ne reçoit guère d'encouragements. En 1821, il fait la connaissance de Laure de Berny qui sera pour lui la plus vigilante et la plus dévouée de ses amis. Il publie, en 1822, Clotilde de Lusignan ou le Beau Juif sous le pseudonyme de lord R'hoone, et l'année suivante, il écrit sous le nom d'Horace de Saint Aubin, La Dernière Fée ou la Nouvelle Lampe merveilleuse qui n'attire pas la moindre attention.
Balzac commence alors à fréquenter un nouveau milieu. Il se lie d'amitié avec Horace Raisson, un jeune journaliste qui fonde en décembre 1823 le Feuilleton littéraire, c'est là qu'il fait ses débuts de journaliste. Il peut croquer sans vergogne les mœurs contemporaines. Afin d'essayer de rembourser les emprunts, il se lance au début de l'année 1825, dans l'édition. Mal conseillé, il rachète une imprimerie peu rentable et s'installe dans un petit appartement au-dessus de l'atelier. Ses affaires marchent mal. Il décide avec Barbier de s'associer avec son fournisseur et de racheter une fonderie. Au début de février 1828, Barbier se retire, pressentant la catastrophe. Balzac reste seul propriétaire de l'imprimerie, et une nouvelle société est fondée pour l'exploitation de la fabrique de caractères. Il se retrouve avec soixante mille francs de dettes ! Balzac n'a plus d'autre solution que de reprendre la plume.
Il revient à la littérature prépare un roman sur la chouannerie. En mars 1829, paraît Le Dernier Chouan ou la Bretagne en 1800 qui sous le titre définitif Les Chouans sera le premier roman incorporé à la Comédie Humaine et signé pour la première fois «Honoré Balzac». Pendant vingt ans, il produit sans interruption une œuvre qu'il regroupe dès 1830, sous un premier titre générique Études sociales. Balzac collabore à divers journaux, adopte la particule et commence à signer « de Balzac ». Consacré comme écrivain, il travaille avec acharnement tout en menant une vie mondaine. Les premiers succès auprès du public sont en 1831, La Peau de Chagrin et en 1834 Le Père Goriot. Au fil des semaines, il publie Le Réquisitionnaire, L'Enfant maudit, Les Proscrits .
En 1832, il entre en relation avec Mme Hanska, « l'étrangère », de vingt ans son aîné, épouse d'un riche propriétaire terrien. Elle vit retirée dans son domaine de Wierzchownia, en Ukraine, et trompe son ennui en lisant des romans français. C'est à elle que Balzac dédicacera plus tard Eugénie Grandet. Paraissent cette même année Le Colonel Chabert et Le Curé de Tour. Balzac adhère au parti légitimiste et publie plusieurs essais politiques. Il rencontre pour la première fois Mme Hanska en 1833 à Neufchâtel. Il ne sait pas qu'il va continuer d'entretenir avec elle une abondante correspondance, et qu'il ne la reverra que huit ans plus tard.
En 1835, il publie Malmoth réconcilié et Séraphîta, puis entreprend une autre oeuvre Le Père Goriot. Il annonce à sa famille qu'il est «tout bonnement en train de devenir un génie». Il a une nouvelle idée : faire reparaître ses personnages d'un roman à l'autre, à des époques différentes de leurs vies, et d'étendre le procédé à toute son œuvre. Il travaille aux Illusions perdues, qui parait en février 1837. À l'origine, explique Balzac dans une préface, «il ne s'agissait d'abord que d'une comparaison entre les mœurs de la province et les mœurs de la vie parisienne».
L'année suivante, Balzac est nommé président de la Société des gens de Lettres. Victor Hugo se présente à l'Académie Française, Balzac retire sa propre candidature. En 1840 il dirige La Revue parisienne. Les ennuis judiciaires empoisonnèrent les premiers mois de l'année 1841, mais Balzac n'en continue pas moins ses «travaux d'Hercule littéraire». Il écrit notamment Les Deux Frères (le début de la future Rabouilleuse). Paraît La Comédie Humaine en dix sept volumes Une œuvre qui ne cesse de s'enrichir. Le surmenage, l'abus de café noir lui causent d'affreuses souffrances nerveuses. Les premières livraisons de La Comédie humaine commencent à paraître. Une lettre de Mme Hanska lui redonne courage avec la perspective de passer l'été en Russie, ce qui le galvanise. Les retrouvailles, après huit années d'attente, sont bouleversantes. Après quatre mois Balzac rentre seul à Paris.
Enfin, mi-avril 1845, après avoir changé vingt fois de projets, Mme Hanska l'invite à venir la rejoindre à Dresde, et Balzac envoie tout promener, épreuves, feuilletons et dettes, avec un soulagement immense.
Fin octobre, la première édition de La Comédie humaine, regroupée en trois parties - étude de moeurs, études philosophiques, et études analytiques - est achevée. La Presse salua cet accomplissement d'un «éloge complet», en reproduisant le grand Avant-propos de 1842 : «La publication de cette vivante histoire du dix-neuvième siècle est un événement dans la littérature »
Madame Hanska séjourne à Paris en 1847. Balzac en fait sa légataire universelle. Malgré une santé gravement altérée avec des crises cardiaques répétées, Balzac part l'année suivante en Ukraine jusqu'au printemps 1850. Le 14 mars 1850, Mme Hanska accepte finalement de l'épouser, renonçant à toutes ses terres en faveur de sa fille. Fou de bonheur, mais très affaibli, maigre, marqué au point d'en être méconnaissable et perdant la vue, Balzac prend début avril avec sa femme le chemin du retour à Paris. Début juillet, l'un de ses médecins dit à Hugo qu'il ne reste plus à Balzac que six semaines à vivre. Le corps terriblement enflé par un œdème généralisé, et trop tardivement soulagé par des ponctions, l'écrivain ne survécut quelques jours à une péritonite que pour succomber à la gangrène. Balzac meurt le 18 août.
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